
Au pied d’un chêne centenaire
Illuminé par la lune, transfigurant mon visage en pleurs
Je suis l’ange déchu, à l’innocence perdue, cherchant l’âme sœur
Dans ce paradis terrestre, cauchemar, pire que l’enfer
O douloureuse solitude qui coule dans mes veines
Au goût amer d’infinitude me consumant tel un poison lent
Mon espoir diminue les années passant
Au fil des trahisons et des échecs, l’amour devient haine
Ironie de la vie, entropie des émotions
La misanthropie me ronge comme la vermine sur un corps
Préparant ma chair à la réception de la mort
Je sens déjà son froid manteau me couvrir
N’attendant que l’ultime baiser, et laisser mon âme flétrir
Fuyant la réalité, je conçois la mienne
Rêveries, dernier plaisir où l’imagination est reine
Je suis l’archange des ténèbres, maître-orfêvre de mon Eden
Jardin sublime de ma désolation où tout n’est que noir et blanc
Arbres, feuilles, fleurs rayonnent sous un ciel de feu et de sang
Et je marche au coté de celle qui me délivre de mes peines
Une douce noirceur au caractère dominateur
Brûlant mon cœur d’une sombre ardeur
Mêlant nos esprits philosophiques dans un discours extatique
Harmonie des mots peignant un tableau idyllique
Et quand passe un silence, nos regards se croisent sadiques
Laissant enfin jaillir nos émotions dans une pulsion physique
Nos lèvres s’enlacent dans une douce fusion adonis
Nos mains caressent nos deux corps tremblants
Le vent balaie nos vêtements tombants
Et nos chairs s’emmêlent sur un parterre de lys
Sous le rythme de nos souffles haletants
Nos âmes fusionnent dans ce corps à corps violent
Je hurle quand tu me griffe jusqu’au sang
Décuplant mon désir pour ton plaisir triomphant
Je t’arrache des gémissements, pénétrant ton rectum
Pendant que mon sang macule tes seins, s’écoulant sur ton sternum
Tel un ruisseau sauvage sinuant sur tes courbes sensuelles
Se jetant dans ta valleuse, inondant ton paradis charnel
O déesse, o princesse, o maîtresse !
Je vénère ton autel en m’abandonnant totalement
Et je sens venir ton orgasme, ivresse !
Dans cet instant immanent, nous montons au firmament
Remplissant ensemble de nos fluides élixirs
Au fond de tes entrailles, le calice du plaisir
Puis vient le calme des amants sereins
Serrant nos corps nus, ruisselants et divins
Sous un ciel obscur constellé d’étoiles
Alors vient le moment où se déchire le voile
Reprenant mes sens dans cette réalité fatale
Je regarde le ciel par cette matinée automnale
Posant le collier nuptial sur mes épaules frêles
Je laisse mes déceptions et mes illusions sur cette terre perfide
Je prends mon courage, inspirant une dernière fois cet air humide
Et je rejoins la belle faucheuse dans son royaume éternel.