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Dimanche 28 janvier 2007

Au pied d’un chêne centenaire

Illuminé par la lune, transfigurant mon visage en pleurs

Je suis l’ange déchu, à l’innocence perdue, cherchant l’âme sœur

Dans ce paradis terrestre, cauchemar, pire que l’enfer

O douloureuse solitude qui coule dans mes veines

Au goût amer d’infinitude me consumant tel un poison lent

Mon espoir diminue les années passant

Au fil des trahisons et des échecs, l’amour devient haine

Ironie de la vie, entropie des émotions

La misanthropie me ronge comme la vermine sur un corps

Préparant ma chair à la réception de la mort

Je sens déjà son froid manteau me couvrir

N’attendant que l’ultime baiser, et laisser mon âme flétrir

Fuyant la réalité, je conçois la mienne

Rêveries, dernier plaisir où l’imagination est reine

Je suis l’archange des ténèbres, maître-orfêvre de mon Eden

Jardin sublime de ma désolation où tout n’est que noir et blanc

Arbres, feuilles, fleurs rayonnent sous un ciel de feu et de sang

Et je marche au coté de celle qui me délivre de mes peines

Une douce noirceur au caractère dominateur

Brûlant mon cœur d’une sombre ardeur

Mêlant nos esprits philosophiques dans un discours extatique

Harmonie des mots peignant un tableau idyllique

Et quand passe un silence, nos regards se croisent sadiques

Laissant enfin jaillir nos émotions dans une pulsion physique

Nos lèvres s’enlacent dans une douce fusion adonis

Nos mains caressent nos deux corps tremblants

Le vent balaie nos vêtements tombants

Et nos chairs s’emmêlent sur un parterre de lys

Sous le rythme de nos souffles haletants

Nos âmes fusionnent dans ce corps à corps violent

Je hurle quand tu me griffe jusqu’au sang

Décuplant mon désir pour ton plaisir triomphant

Je t’arrache des gémissements, pénétrant ton rectum

Pendant que mon sang macule tes seins, s’écoulant sur ton sternum

Tel un ruisseau sauvage sinuant sur tes courbes sensuelles

Se jetant dans ta valleuse, inondant ton paradis charnel

O déesse, o princesse, o maîtresse !

Je vénère ton autel en m’abandonnant totalement

Et je sens venir ton orgasme, ivresse !

Dans cet instant immanent, nous montons au firmament

Remplissant ensemble de nos fluides élixirs

Au fond de tes entrailles, le calice du plaisir

Puis vient le calme des amants sereins

Serrant nos corps nus, ruisselants et divins

Sous un ciel obscur constellé d’étoiles

Alors vient le moment où se déchire le voile

Reprenant mes sens dans cette réalité fatale

Je regarde le ciel par cette matinée automnale

Posant le collier nuptial sur mes épaules frêles

Je laisse mes déceptions et mes illusions sur cette terre perfide

Je prends mon courage, inspirant une dernière fois cet air humide

Et je rejoins la belle faucheuse dans son royaume éternel.

Par Herr Ravensorg - Publié dans : SCHADENFREUDE
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